Auparavant, il aura fallu l’élaboration de dessins, croquis, photos et montages; puis, les sculptures en bas-relief de chacun des motifs, l’usage de la plastiline, la réalisation d’empreintes et contre-empreintes en plâtre, le moule de résine ; l’étape suivante est celle de l’usinage, qui précède la finition main, coups de burins, onglettes, échoppes, ciselets et traçoirs.

Nicolas Salagnac pose là son empreinte, sa patte. Les matrices, traitées thermiquement sont enfin utilisables. L’éditeur Arthus-Bertrand peut appliquer ses presses sur les pièces d’argent ou de bronze, avant de les usiner au format carré et de les patiner, dernier détail de leur réalisation.
Présentée pour la première fois lors de sa remise au Pape Benoît XVI le 12 septembre dernier à l’occasion du voyage officiel de ce dernier à Paris, la médaille d’honneur est désormais entrée dans le patrimoine de l’Elysée.

Pour son auteur, Nicolas Salagnac, Lyonnais, ancien élève de l’école Boulle, Meilleur Ouvrier de France à 30 ans, puis premier Prix national de la SEMA en 2005 à 35 ans, cette reconnaissance est importante, d’autant que le métier de graveur-médailleur tend à disparaître. Cette médaille contribuera-t-elle alors à sauver la «taille directe» de l’oubli?

Aurélie Taupin