Médaille d’honneur - Villa Médicis
Par Nicolas Salagnac, vendredi 12 décembre 2008 à 15:06 :: Médailles :: #222 :: rss
La Médaille d’honneur de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis conçue et exécutée par Nicolas Salagnac, graveur médailleur – Meilleur ouvrier de France L’Académie de France à Rome – Villa Médicis, a contribué pendant près de deux siècles à l’art si précieux de la Médaille en recevant des pensionnaires graveurs dont le grand talent a été justement renommé.
La Médaille, à la fois symbole de reconnaissance et message de fidélité, grave l’esprit d’une époque et inscrit dans les mémoires la qualité d’un échange entre l’artiste qui la conçoit, l’institution qui l’attribue et celle ou celui qui la reçoit. Elle demeure.
En relevant la tradition de la Médaille d’Honneur qui rend hommage à des personnalités particulièrement remarquables appartenant au monde de la science, de l’art et de la culture, l’Académie de France à Rome - Villa Médicis, renoue avec sa vocation et ses valeurs fondamentales.
Ainsi la Médaille d’honneur de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis est le témoin durable d’un sentiment de profonde estime et de gratitude.
Le Directeur, Frédéric Mitterrand

L’art de la médaille a marqué l’histoire des arts car, au-delà de la valeur d’échange économique, il célèbre un personnage, un moment historique, un lieu ou une institution. Et c’est en raison de ce caractère célébratif que cet art a été aidé et soutenu par les institutions politiques et artistiques françaises. La France, depuis Louis XIV, a toujours porté une attention particulière à cet art notamment grâce à la constitution d’importantes collections en dépôt dans les musées et les bibliothèques. Et c’est le Roi-Soleil, créateur également de l’Académie de France à Rome (1666) qui fonde trois ans plus tôt l’Académie des Inscriptions et Médailles de 1663.
L’histoire de la gravure en médaille à la Villa Médicis commence avec l’installation de l’Académie de France à Rome dans cette villa médicéenne en 1803 et s’achève en 1970 lors de la réforme de l’institution qui voit annuler le concours du Prix de Rome et refonder le rôle du pensionnaire. À la Villa Médicis, le premier pensionnaire en médaille est sélectionné en 1805 (Nicolas-Pierre Tiolier). Durant une bonne partie du XIXe siècle, à Paris, les artistes graveurs de l’École des Beaux-Arts de Paris s’initient à cet art dans des ateliers en dehors de l’école. Ce n’est qu’à la fin du siècle que l’établissement accueille un atelier de gravure sur médaille.
Le Prix de Rome est un concours difficile où se présentent beaucoup de candidats pour peu d’élus. En effet, il a lieu tous les deux ans à compter de 1805 : tous les postulants se présentent à un premier essai avec une esquisse à partir d’un sujet délivré par la classe des beaux-arts de l’Institut. Les candidats présélectionnés doivent, pour la deuxième partie du concours, modeler en six jours une figure d’environ 50 cm. Une fois ces deux essais réussis, le jeune artiste concourt à l’examen final. Pour la dernière épreuve, la plus difficile, le jour de “l’entrée en loge“, période durant laquelle le candidat réalise dans une loge son projet avec un contact extérieur des plus limité, le jeune artiste réalise une esquisse d’après un sujet imposé. Il a ensuite quatre-vingt-dix jours pour graver et réaliser la médaille. Enfin, le jury se prononce sur le gagnant de la médaille d’or (le Prix de Rome) qui permet à l’heureux élu de partir dans la Ville Eternelle plusieurs années (entre 3 et 5 ans selon les périodes).
Une fois à Rome, l’artiste peut perfectionner son art grâce aux copies qu’il réalise dans les collections antiques et modernes : la copie d’après modèle reste le pilier de l’enseignement académique. C’est grâce à la maîtrise des gestes des maîtres que l’artiste a la possibilité de rivaliser et de créer de nouvelles formes. Durant le séjour romain, le pensionnaire est contraint d’envoyer des études, les “envois de Rome“, qu’il fait parvenir à l’Institut. Les membres de la prestigieuse institution jugent avec attention ces travaux en les notant. Dans la Villa Médicis, l’artiste, pour ses recherches, s’aide du fond de la bibliothèque qui se trouve, jusqu’en 1963, dans le Grand Salon. Tandis que dans la Galerie, il s’exerce au dessin grâce aux nombreux moulages de sculptures antiques. Enfin, la Villa s’est constituée un médailler composé de nombreuses copies en plâtre de monnaies antiques (55 pièces, pour la plupart grecques) et modernes (139 pièces, du milieu du XVe au XVIIe siècles de la Renaissance italienne) qui y sont encore conservées.
L’atelier de l’artiste graveur a occupé plusieurs lieux. Et le dernier pensionnaire médailleur, en 1963, eut pour atelier la Stanza degli uccelli (ou Studiolo). La presse, achetée en 1958, est toujours visible dans une petite salle située en dessous, couverte par la poussière du temps. Le Prix de Rome a ainsi été pendant plus d’un siècle et demi le meilleur moyen pour un graveur sur médaille de s’ouvrir les portes d’institutions prestigieuses comme la Monnaie de Paris ou l’École des Beaux-Arts. C’est dans le cadre enchanteur de la Villa Médicis que de nombreux artistes ont vu s’ouvrir les chemins de leur avenir.
Marc Bayard, Chargé de mission pour l'histoire de l'art - Académie de France à Rome
Devenu indépendant en 2003 et avec la féroce volonté de faire dans mon métier ce que les autres ne font plus, je persévère sur le chemin de la qualité et conquière ainsi des marchés de plus en plus prestigieux. Ma première commande officielle a été la création d'une nouvelle médaille pour la ville de Lyon. Et dernièrement, j'ai créé et réalisé la médaille du Président de la République française.
Je remercie ainsi l’occasion qui m’est offerte de rejoindre ce mythe de la Villa Médicis qui cultive et fait rayonner avec prestige depuis 1805 cette fibre artistique « made in France » du beau. Et je fais mienne la devise d’Emile Alain : «On ne fait rien de beau sans enthousiasme ».
Face aux maîtres graveurs, lauréats du Grand Prix de Rome, c'est avec beaucoup d'humilité et surtout avec tout mon cœur que j'apporte cette nouvelle médaille à la Villa Médicis.
Ce travail et cette présentation a été soutenu par le "Grand Lyon" et son président, Gérard Collomb Sénateur Maire de Lyon ; la Bibliothèque Nationale, par Michel Amandry, conservateur et directeur du Cabinet des Monnaies, Médailles et Antiques ; le Musée des Beaux-Arts de Lyon, par François Planet conservateur du médaillier ; les Ateliers Charles Jouffre ; et la maison Arthus-Bertrand.
Merci à Jean-Pol Donné, Président du Cercle Lyonnais de Numismatique pour sa participation au livret.
Lien site Villa Médicis
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