Le Rapt de Proserpine par Pluton, sculpture de Le Bernin.
Par Nicolas Salagnac, lundi 23 août 2010 à 12:53 :: Médailles :: #276 :: rss

Travail personnel d'après un détail de la sculpture de Le Bernin.
Au commencement de ce travail, c'est une affiche vue aux cours de sculpture à Lyon, un détail étonnant, des mains puissances sur une chaire délicate et sensuelle. Le tout dans un mouvement et une force qui me touche toujours. Ce travail personnel entamé, il y a plus d'un an et toujours en cours.

Le Rapt de Proserpine est une sculpture de Gian Lorenzo Bernini datant de 1622, Le Bernin n'a alors que 25 ans... Cette sculpture imposante est remarquable, taillée dans le marbre s'impose. Les détails sont soignés, les matières foisonnent, cette scène est pleine de vie. Le sujet déborde de son cadre, pourtant l'instant est figé dans le marbre, mais on lit l'histoire... de cet instant naissent les saisons.
En effet dans la mythologie Romaine, Proserpine la nymphe et fille unique de Céres, déésse de la nature et Jupiter, cueillait des fleurs avec des amis quand Pluton, le dieu des enfers s'empare d'elle poussé par un désir insensé, ses sens l'emportent. Il est viril et prédateur ; il est sans retenue. Sa bouche révulsée, comme sa barbe et ses cheveux, dénotent la fureur de son désir. En opposition, Proserpine dans une terreur épleurée, prise entre les doigts fermes et puissants de Pluton, tente de s'opposer, mais seul sa tête peut se détourner.
Céres perd sa fille, elle délaisse alors la nature et part à sa recherche. Finalement, elle négocie avec Jupiter pour que sa fille remonte à la surface 6 mois de l'année, d'où nos saisons : printemps et été quand elle revient, automne et hivers quand elle rejoint Pluton.
Cette sculpture me touche beaucoup et ce détail à lui seul évoque la scène mythologique, évoque l'Homme et la Femme, ce détail est très beau et m'émeut.
Traduire cette image en bas-relief, trouver les passages, les détails, sans perdre l'anatomie et la vie de la sculpture, c'est loin d'être simple. Cela est difficile à faire et c'est difficile de se faire aider, de trouver des conseils avertis.
Première étape le modelage en plastiline.


Puis empreinte en plâtre, contre empreinte pour retravailler les volumes, les détails à l'envers ou à l'endroit...


Tout au long de ce travail, j'ai travaillé d'après de rares photos trouvées dans des livres. Mais difficile de saisir les passages subtils, de voir les volumes dans les ombres... C'est pourquoi il était primordial d'aller voir cette sculpture en vrai, c'est à dire à Rome, à la Villa Borghèse.
Le 16 Août 2010, j'entre à la Villa Borghèse pour découvrir cette œuvre de Le Bernin. Cette sculpture qui déjà me parlait en photo, était là, simple, belle et puissante, rien de tel que de voir l'original. Quel impact, quelle émotion.
C'est pour moi comme face à la sculpture de la "Victoire de Samothrace", un même élan, une même beauté.
Merci à la Villa Borghèse de m'avoir facilité cette visite particulière.
De retour en France, à l'atelier, il n'y plus qu'à finir la sculpture. Ensuite fonderie de bronze en cire perdu pour présenter cette pièce à l'exposition de Monaco "Hors les Murs", du 20 au 24 Octobre 2010.
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