Nicolas Salagnac

L’Enlèvement de Proserpine, de Le Bernin

L’Enlèvement de Proserpine, de Le Bernin

Médaillon inspiré de la sculpture du Bernin, "l'Enlèvement de Proserpine". Diamètre 440 mm, bronze patiné sur dalle de cristal, présenté sur socle.

L’Enlèvement de Proserpine, de Le Bernin

Détail du médaillon inspiré de la sculpture du Bernin, "l'Enlèvement de Proserpine". Diamètre 440 mm, bronze patiné sur dalle de cristal, présenté sur socle.

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Médaillon 1/8, en bronze patiné et en bronze patiné sur une dalle de cristal. Photographie Matthieu Cellard.

Médaillon sculpté en bas relief et édité en bronze patiné. Cette pièce est inspirée d’un détail de la sculpture de Le Bernin, « L’Enlèvement de Proserpine par Pluton », présentée à la Villa Borghèse, à Rome. Cette épreuve en bronze, sur socle est une fonte à cire perdue reprise et travaillée à la main. Hauteur totale, socle compris : 61 cm. Poids total 7 à 10 kg. La sculpture est d’un diamètre d’environ 44 cm.

La sculpture en bronze est en tirage limité, numérotée sur la tranche 1/8.
Valeur 7 500 euros HT

La sculpture en bronze, sur dalle de cristal est en tirage limité, numérotée sur la tranche 1/8.
Valeur : 11 000 euros ht.

Les étapes de travail pour aboutir à ces pièces :

Travail personnel d’après un détail de la sculpture de Le Bernin.
Au commencement de ce travail, c’est une affiche vue aux cours de sculpture à Lyon, un détail étonnant, des mains puissances sur une chaire délicate et sensuelle. Le tout dans un mouvement et une force qui me touche toujours. Ce travail personnel entamé, il y a plus d’un an et toujours en cours.

L’Enlèvement de Proserpine est une sculpture de Gian Lorenzo Bernini datant de 1622, Le Bernin n’a alors que 25 ans… Cette sculpture imposante est remarquable, taillée dans le marbre s’impose. Les détails sont soignés, les matières foisonnent, cette scène est pleine de vie. Le sujet déborde de son cadre, pourtant l’instant est figé dans le marbre, mais on lit l’histoire… de cet instant naissent les saisons.
En effet dans la mythologie Romaine, Proserpine la nymphe et fille unique de Céres, déesse de la nature et Jupiter, cueillait des fleurs avec des amis quand Pluton, le dieu des enfers s’empare d’elle, poussé par un désir insensé, ses sens l’emportent. Il est viril et prédateur ; il est sans retenue. Sa bouche révulsée, comme sa barbe et ses cheveux, dénotent la fureur de son désir. En opposition, Proserpine dans une terreur épleurée, prise entre les doigts fermes et puissants de Pluton, tente de s’opposer, mais seul sa tête peut se détourner.
Céres perd sa fille, elle délaisse alors la nature et part à sa recherche. Finalement, elle négocie avec Jupiter pour que sa fille remonte à la surface 6 mois de l’année, d’où nos saisons : printemps et été quand elle revient, automne et hivers quand elle rejoint Pluton.

Cette sculpture me touche beaucoup et ce détail à lui seul évoque la scène mythologique, évoque l’Homme et la Femme, ce détail est très beau et m’émeut.
Traduire cette image en bas-relief, trouver les passages, les détails, sans perdre l’anatomie et la vie de la sculpture, est loin d’être simple.

Première étape le modelage en plastiline.

modelage_Le_Bernin_N_Salagnac

Puis empreinte en plâtre, contre empreinte pour retravailler les volumes, les détails à l’envers ou à l’endroit…

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Tout au long de ce travail, j’ai travaillé d’après de rares photos trouvées dans des livres. Mais difficile de saisir les passages subtils, de voir les volumes dans les ombres… C’est pourquoi il était primordial d’aller voir cette sculpture en vrai, c’est à dire à Rome, à la Villa Borghèse.

Le 16 Août 2010, j’entre à la Villa Borghèse pour découvrir cette œuvre de Le Bernin. Cette sculpture qui déjà me parlait en photo, était là, simple, belle et puissante, rien de tel que de voir l’original. Quel impact, quelle émotion.
C’est pour moi comme face à la sculpture de la « Victoire de Samothrace« , un même élan, une même beauté.
Merci à la Villa Borghèse de m’avoir facilité cette visite particulière.
De retour en France, à l’atelier, il n’y plus qu’à finir la sculpture. Ensuite fonderie de bronze en cire perdu pour présenter cette pièce à l’exposition de Monaco « Hors les Murs », du 20 au 24 Octobre 2010.

Suite du travail de sculpture

Poursuite du travail de sculpture, d’après un détail de la sculpture de Le Bernin, « l’Enlèvement de Proserpine », par la prise d’une empreinte en plâtre retravaillé, à l’envers et en creux. Cette sculpture finalisée sera présentée à Monaco sur l’exposition « Hors les murs » du 20 au 24 Octobre 2010, à l’Hôtel « Port-Palace ».

Suite des étapes de travail décrit sur l’article ci-dessous.
Moulage d’une empreinte en plâtre, retravaillée pour affiner et donner le maximum d’expression par les volumes et détails de la sculpture.

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Terminée cette étape du négatif, prise d’empreinte en plâtre du positif. Bien entendu, tout ce travail de sculpture doit être fait en dépouille, pour permettre le moulage et démoulage sans soucis.
Le positif issu de ce moule est ensuite travaillé et affiné. Ce travail est long et précis, il s’agit ici de finaliser ce travail personnel commencé il y a plus d’un an.

Quelques détails plus tard, il sera l’heure d’arrêter pour passer la main au fondeur, Maurice Adobati, pour prendre l’empreinte et sortir la pièce en bronze.

Le fondeur

je transmet celle-ci à Maurice Adobati pour préparer un moule pour sortir des modèles en cire. Cette étape s’est faite sous la surveillance discrète de “Kiki” un des chats de l’atelier. Ces cires sont ensuite montées sur un arbre de coulé et noyé dans le plâtre.

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Ici la cire liquide est posée au pinceau délicatement, le fondeur dépose cette couche fine et délicate dans le fond du moule. Puis ensuite, il repasse de la cire par couche jusqu’à obtenir une épaisseur de cire entre 3 et 4 mm. Ainsi, la pièce est « tirée d’épaisseur ».

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Les cires sont mises dans le moule, celui-ci est chauffé pour décirer le moule, la cire laissant la place du futur métal.

Le moule est prêt, maintenant nous entamons la fusion, du bronze, dans un four. Le creuset chauffe un certes temps, la quantité de bronze arrive à son point idéal pour la couler, environ 1040 °C. Cette phase est étroitement suivi avec l’œil aguerri de Maurice Adobati. Une fois la température atteinte, tout est millimétré, aidé de son fils il s’agit de sortir le creuset du four et de l’apporter au dessus du moule. L’ambiance est chaude et tendue.

Une fois en place, il reste à verser le métal en fusion dans le moule. A ce moment, le bruit assourdissant du four est stoppé, remplacé par les fumées. Au moment où le métal coule, comme du petit lait, il y a une atmosphère paisible. Le métal entre dans la matière et prend sa place, à ce moment il y a des bruits, un peu sourd, lointain avec quelques crépitements, difficile à décrire.

Ultime étape : la patine. La palette est large et les possibilités multiples. Oxyder la matière avec des produits, chauffer, frotter, attendre et voir monter la couleur et fixer la teinte. Ici, le fondeur donne une âme et son coup de patte. Il est possible d’apporter de la profondeur et une vie au métal.
Merci à Maurice Adobati pour son apport précieux et professionnel à ce projet.

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Travail du verrier, Gabriel Milesi verrier d’art de Pérouges, dans l’Ain.

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Parallèlement Nous avons mis au point des moules en plâtre réfractaire afin de faire fondre une dalle de cristal dans ceux-ci. Le cristal, épouse les grands volumes de la sculpture. Les prolongements du modèle sont gravés aux traits comme en taille douce et reprise sur la pièce moulée.
Ainsi discrètement animée, cette belle matière qu’est le cristal apporte au sujet une lumière et une vie qui contraste avec le métal sculpté.
Cette pièce de cristal mise au point et travaillée dans le détail, les chants sont repris au net, la gravure est réafirmée avec de petites fraises diamant.
Merci à Gabriel et Béatrice Milesi pour leur réactivité  et professionnalisme.
Réalisation et mise au point des socles support de la médaille.

Parallèlement Afin de présenter et supporter cette future médaille, je fais appel à mon frère Pierre, bronzier et sculpteur pour me réaliser deux socles. Un socle pour la pièce unique en verre et en bronze et un socle pour le tirage bronze.
Ce socle, dessiné par mes soins, est dans la dynamique de la sculpture par son mouvement de torsion. Le métal est ici découpé, les courbes sont affinées à la lime pour être parfaitement tendues, la flamme est brasée à l’argent sur son socle. Puis pour finir les deux tiges qui tiendront la médaille sont taraudées sur la flamme pour une bonne tenue.

Merci Pierre pour ton aide et ta collaboration sur ce projet.
Chaque artisan est sur le point de terminer ses éléments. Il me restera à réunir les pièces du puzzle, ajuster et finir.

Le 21 Octobre, S.A.R. La Princesse de Hanovre rencontre chacun des artisans des Grands Ateliers de France venus ici à Monaco, moment privilégié, échanges ouverts, curieux et intéressés.

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S.A.R. La Princesse de Hanovre, auprès de Nicolas Salagnac, graveur médailleur, du Président des Grands Ateliers de France, Gérard Desquand, et du Président du Port Palace Boutique Hotel, Lotfi Maktouf.

© Photographies Palais de Monaco, Charles Franch

Le site des Grands Ateliers de France : lien.