Nicolas Salagnac

Claude Cardot MOF 1972 graveur en modelé

Monsieur Gadoux est professeur de gravure des Beaux-Arts de Saint-Etienne. Il a comme élève Claude Cardot avec qui le contact et les échanges sont toujours actifs. Il lui dit un jour : « Faites donc un jour le concours de Meilleur Ouvrier de France ».

Claude_Cardot_IMG_3941_2

Le père de Claude meurt en 1968.

Claude_Cardot_IMG_3939_2

Claude se lance alors sur la gravure d’un poinçon en acier gravé en taille directe à l’effigie de son père, qu’il va présenter au concours MOF. Un travail de 10 mois, environ 400 heures. Son ancien prof de gravure, Gadoud passe le voir trois fois pendant son concours MOF.

C’est là qu’il lui dit s’être trompé sur Claude, et que sa pièce est un beau boulot.

Claude devient MOF du Rhône en 1972, XIII promotion.
bMOF-du-Rhone-1972

aMOF-du-Rhone-1972

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 1981, cela devient un peu chaotique… il vit sur son bateau, fait des missions est conduit des voiliers…

Dans les années 1970, la Maison Augis se scinde en deux et quitte le couvent des Récolets de la Montée saint Barth. FIA est créée pour les médailles, médailles militaires et tape de bouche, Augis garde les médailles religieuses et l’orfèvrerie.

Claude Cardot est né à Saint-Etienne le 17 Juillet 1934. Il est le dernier d’une fratrie de 7 enfants, 4 sœurs et 2 frères.

Un papa cheminot, « litigeur », en charge de régler les conflits et puis sculpteur sur bois pour le meuble à ses heures perdues. Il travaillait beaucoup la terre glaise. Claude se souvient petit, pointer souvent son nez au dessus des modelages de son père, installé dans la cuisine familiale.

Et une maman couturière. Tout gamin, Claude aimerait être couturier, il aide sa mère sur les ourlets, il est sensible au tombé des tissus, au mouvement des robes.

A l’école tout va très bien avec les maths, par contre le français est compliqué et l’orthographe lui est illogique, il écrit à l’oreille et cela ne passe pas. Puis c’est le certificat d’étude, étape ratée… à cause du dessin, Claude avait un peu triché et utilisé le compas…

De 14 à 20 ans aux Beaux-Arts de Saint Etienne

A 13 ans il fait le tour des métiers : il voit la ferronnerie d’art, la maçonnerie et le jeudi, jour férié à l’époque il pousse les portes des Beaux-Arts de Saint-Etienne où son frère Jean est déjà étudiant depuis quelques années. Claude se distingue en dessin, les profs font des comparaisons entre les deux frères : Claude est meilleur en dessin mais Jean est plus travailleur. Claude papillonne…

Il aimerait faire sculpture mais ses professeurs le trouve meilleur en gravure. Il fera donc de la gravure sur arme en semaine avec Monsieur Gadoud, 16 heures de cours semaine et le samedi de la sculpture de 9 h à 12h.

Et puis la montagne dès que possible, rencontre avec les guides de haute montagne et belle virée en altitude le régénère.

Claude commence à gagner sa vie. Il y a l’époque près de 80 graveurs sur armes à « Saint é », et c’est la crise, les soucis de la « Manu », il ne reste que 15 graveurs…

Devant ce fait, il réfléchis à d’autres axes de travail, et notamment comment associé ces deux métiers de graveur et de sculpteur.

Claude va voir à Lyon, il rencontre Mr Ballet, montée des épis, ils travaillent pour Charles Perroud. La semaine de travail est à environ 54 h semaine.

Il a 27 ans, il est marié et père de trois enfants.

Faire ses propres créations le « titille », il propose à Perroud un modelage d’une tête de Christ, puis une Vierge en prière… Il gagne bien sa vie. Et il poursuit cette ouverture, il rencontre la Maison Augis, montée Saint Barthélémie à Lyon. Augis voit la qualité des créations et les achète… Pour fini par embaucher Claude à la gravure.

A l’atelier de gravure, il y a Daniel Simonet, formé à l’école Boulle. La rencontre de nos deux graveurs est un peu tendue (Lyon / Saint-Etienne…), la rivalité n’aide pas à un travail de collaboration, ni d’échange… Ce duo ne prendra jamais vraiment.

En 1966, Claude préfère sa liberté et il s’installe à son compte tout en continuant de travailler beaucoup pour Augis, il est au 13, rue des Capucins à Lyon de 1966 à 1981.

En 1972, il devient MOF graveur médailleur.

En 1994, Claude est sollicité par les patrons de FIA pour les aider à trouver un graveur susceptible de prendre la suite de Jean Redon qui arrive à la retraite, responsable de l’atelier gravure.

Pour cette recherche Claude va à l’école Boulle, à l’atelier de gravure en modelé. Il rencontre Bernard Le Hir. Claude voit mon travail de diplôme (de Nicolas Salagnac), il a une intuition et conseille FIA de me débaucher de mon poste de graveur à Paris pour venir en capitale des Gaules.

Il propose de continuer à me former pour me pousser plus loin encore, mais cela ne se fera pas.

Dans cette période 1994 à 1997, je suis responsable de l’atelier de gravure, l’âge d’or de la médaille est passé, les commandes sont plus difficile, il faut s’attacher à être le plus qualitatif possible et c’est en équipe que nous travaillions à l’atelier de gravure avec Gisèle et Michel, et l’ensemble des collaborateurs de FIA.

Claude Cardot est indépendant, il est au Presbitère de Chanos Curson. FIA lui confit les beaux projets et c’est pour moi des moments particuliers, voir la gravure, regarder les détails, chercher à comprendre la manière de faire, les outils utilisés… Chaque création était de petit moment particulier, un bain de jouvence et de beauté.

Claude m’avait atteint, j’ai attrapé le virus.

Dans un premier temps il me conseille de me présenter à la Monnaie de Paris. Ils cherchent des graveurs… Mais il y a une formalité. Il ne suffit pas de montrer son book au directeur de l’époque Monsieur Emmanuel Constant, il y a un concours de 24 h sur 3 samedis avec de multiples épreuves en gravure et en dessin. Je passe trois fois ce concours sans succès.

Puis en 1997, une affiche : « Devenez Un des Meilleur Ouvrier de France ».

Je vais voir le sujet, je suis emballé, et m’inscris. Un bon moyen d’avancer et d’aller apprendre auprès des anciens, dont Claude Cardot. Les échanges et les conseils de Claude sont précieux. Je passe par des hauts et des bas sur ce concours, mais j’avance. En final, je livre mon travail dans les temps, j’ai fait de mon mieux, et pas simplement ce que je savais faire, car j’avais été plus loin encore.

En novembre 2000, j’apprends ma réussite à ce concours.

Merci Claude.
Ecrit par Nicolas Salagnac, MOF 2000 graveur médailleur.