Nicolas Salagnac

Il crée et grave la médaille des sénateurs

Article du Progrès 15/10/2017 par Sylviane Sarah OLING

Nicolas Salagnac s’est vu confier la création de la médaille remise aux 348 sénateurs. Rencontre avec l’artisan dans son atelier villeurbannais, rue Alexis-Perroncel.


Photographie Sylviane Sarah OLING

Sa première médaille officielle est celle de la ville de Lyon, en 2006, puis ont suivi les médailles de la présidence de la République française en 2008, de la Villa Médicis la même année et celle de la présidence du Sénat en 2013, pour arriver cette année à la création de la médaille des sénateurs.


Photographie Sylviane Sarah OLING

« Une Marianne dynamique et moderne »

L’artisan médailleur a été retenu après un appel à projets lancé en début d’année. Au printemps, Nicolas Salagnac imagine ses dessins. Il lui est demandé de rendre une maquette dessinée, avec, comme seules indications imposées de rappeler la devise de la République française : « liberté, égalité, fraternité ». Après avoir cherché un angle qui mêle cette devise et sa vision de la République, Marianne s’impose à lui. Une Marianne symbolisant une France dynamique, qui marche dans le vent de la liberté, s’inspirant de la sculpture grecque de la Victoire de Samothrace. « Je voulais une Marianne moderne. Je l’ai imaginée dans une position de danseuse et habillée d’un drapeau de la France et de l’Europe », détaille Nicolas Salagnac, qui a ensuite modelé sur plâtre l’avers et le revers de la médaille, puis l’a sculptée dans un moule creux.

Cette médaille sera remise dans quelques semaines solennellement au Sénat à chacun des 348 parlementaires.

L’artisan s’est remis au travail. Il espère créer, avec une amie chinoise, une médaille pour l’exposition internationale sur l’art de la médaille à Ottawa, au Canada, en mai 2018.

ITINERAIRE

La vocation
Pour Nicolas Salagnac, elle vient de son grand-père, fonctionnaire et passionné d’ébénisterie, qui, lorsqu’il avait 5 ans et vivait alors en Normandie, rêvait tout haut pour lui de l’école Boulle, celle de l’excellence. La vocation vient également d’enseignants éclairés qui détectent chez l’adolescent des dons artistiques, malgré un parcours scolaire peu brillant.

L’école Boulle
Nicolas Salagnac réussit le concours d’entrée de l’école Boulle et l’intègre à 15 ans en 1985. Il obtient son diplôme en 1990. Il est alors le premier de sa famille à « monter » à Paris. Il suit la formation de graveur d’art sur métaux et le soutien de M. Mignot. « Il a été celui qui m’a ouvert la première porte. Et c’est en souvenir de lui que je suis professeur dans le Jura auprès de jeunes en CAP. Il m’a sculpté en me sortant de la glaise », témoigne Nicolas Salagnac.

Meilleur ouvrier de France
Chef d’atelier chez le médailliste Fia à Lyon, puis à son compte, Nicolas Salagnac s’installe il y a onze ans rue Alexis-Perroncel, à Villeurbanne, dans les ateliers de son ami Charles Jouffre, spécialisé dans la tapisserie haut de gamme. Au cœur de ce parcours brillant, Nicolas Salagnac obtient la distinction de Meilleur ouvrier de France en 2000, pour la gravure d’une médaille « portrait de jeune fille ».

L’URGENCE DE TROUVER UN NOUVEL ATELIER

« Avoir un atelier, c’est vital. Le souci, c’est que j’ai besoin de poser mes outils quelque part, j’ai cette difficulté-là, et je n’ai pas les moyens de payer une fortune. En tant que meilleur ouvrier de France, je remercie Charles Jouffre de m’avoir permis de m’envoler. Grâce à lui, de belles médailles sont nées chez lui à Villeurbanne. Il m’a donné la sérénité d’avoir un espace, un local pour travailler, aujourd’hui il a besoin de récupérer cet espace, et moi j’ai besoin de poursuivre et de continuer. Être dans un bel endroit, a un prix raisonnable, cela devient presque mission impossible aujourd’hui en ville pourtant je lance un appel pour pouvoir continuer à exercer mon travail. » Nicolas Salagnac confie son inquiétude de devoir prochainement quitter le nid de l’atelier de tapissier décorateur Charles Jouffre. « Je ne suis pas du tout mis dehors et je comprends son besoin de récupérer l’espace ». Pour l’instant, les pistes de nouvel atelier ne donnent rien.

NOTE : Atelier Nicolas Salagnac, graveur médailleur, chez Charles Jouffre ,45-47, rue Alexis-Perroncel. Site : www.nicolas-salagnac.com

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