Nicolas Salagnac

Les grands Ateliers de France, vingt ans de métiers d’art.

L’ouvrage des 20 ans : « Les grands Ateliers de France, vingt ans de métiers d’art ». Auteur(s) : Catherine Laulhère-Vigneau et Laurence Bonnet ; Photographies : Jacques Boulay ; Editeur : Gourcuff Gradenigo ; Parution : 24/10/2013 ; Nombre de pages : 381 ; Dimensions : 31.80 x 28.80 x 4.00 cm.

Résumé : L’association des Grands Ateliers de France est une association crée en 1993 par une poignée d’artisans de renom, décidés à défendre et à promouvoir les valeurs d’exigence et d’éthique qui leur permettent, depuis des générations, de produire les objets, instruments, symboles de civilisation, monuments ou œuvres d’art qui font, depuis toujours, la fierté de notre culture. Aujourd’hui elle fête ses 20 ans. L’association réunit actuellement 65 maisons représentant plus de 90 métiers. Bottier, marqueteuse de paille, lithographe, restaurateur de parchemin, restaurateur de clavecin, graveur sur or, plumassière… Une sélection d’artisans qui, indépendamment de tout organisme institutionnel ou privé, se reconnaissent et se choisissent afin de se porter garant de la valeur des autres. Cette solidarité les engage à la fois à pérenniser les savoir-faire qui sont notre héritage, à les mettre à l’épreuve des enjeux de notre époque et à les transmettre. C’est cette triple mission qui fait leur force et notre raison d’être.

La mémoire du geste sublime. Nicolas SALAGNAC.
Pages 188 – 191 – Atelier Nicolas SALAGNAC – Graveur, médailleur – Lyon.

Portrait Nicolas par Boulay_NIcolas Salagnac (glissé(e)s)Il y a plus de 500 ans, en 1499, la première médaille française est frappée à Lyon pour le passage de Louis XII et d’Anne de Bretagne. C’est aussi dans cette ville que s’installe Nicolas Salagnac… Et ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard, insiste-t-il !

A quinze ans, il entre dans la fameuse école Boulle où Pierre Mignot est professeur de l’atelier de gravure en modelé. C’est également l’école Boulle qui l’oriente vers une entreprise lyonnaise à la recherche d’un jeune graveur compétent pour diriger son atelier. On est en 1994 et Nicolas a eu le temps de faire ses armes chez Cartier, au sein du bureau d’études en joaillerie, il a pratiqué la photographie et poursuivi le dessin qui habite son quotidien depuis l’enfance.

Un graveur à la retraite, Claude Chaland, ému de découvrir un jeune perpétuant une tradition quasi disparue, lui offre ses outils pour « qu’ils revivent dans ses mains ».

Au sein de la FIA, filiale de A. Augis à Lyon, il se familiarise avec toute la chaîne des compétences requises dans l’art de la médaille. Il connaît aussi Claude Cardot, Meilleur Ouvrier de France, qui travaille comme indépendant pour l’entreprise. La rencontre est d’importance et Nicolas rend hommage à son ainé, même si certains clients ont le mauvais goût de les mettre parfois en concurrence.

Nicolas est reçu à son tour au concours des Meilleurs Ouvriers de

France en 2000 et crée alors son propre atelier de gravure « en taille directe », c’est-à-dire entièrement réalisée à la main. Il s’agit de graver à l’envers et en creux avec ses outils, une technique que plus personne ne pratique aujourd’hui car elle est très longue et très minutieuse. Tout commence par le dessin, bien sûr, puis la reproduction de celui-ci sur une matrice en acier. Et si le grand-père de Nicolas, ébéniste à ses heures, l’avait destiné à faire ses études à l’école Boulle, le jeune étudiant ne savait pas qu’il finirait par travailler le métal et passer des heures sur quelques millimètres ! Sculptant des matrices en acier, futurs outils d’édition de médailles, il crée aussi des trophées. Nicolas se réjouît de contribuer à réaliser des objets destinés à devenir des récompenses ou des cadeaux. Ainsi, il façonne la médaille officielle du président de la République française, la médaille d’honneur de la Villa Médicis, un certain nombre de médailles liées au rayonnement culturel de la ville de Lyon… Elles sont ensuite éditées par Pichard-Balme, Arthus-Bertrand, la Monnaie de Paris…

À l’heure où le monde est dirigé par l’hyperconsommation et la standardisation, Nicolas Salagnac confirme dans chacune de ses créations que « seul l’homme est capable, par des gestes habiles et précis, d’inscrire une intention dans la matière et de susciter des émotions, prolonger une sensibilité, une vision, un esprit, une âme ».