Nicolas Salagnac

Médaille sur  » La Médecine à Lyon », 2010

Médaille sur  » La Médecine à Lyon », 2010

Création d'une médaille sur le thème de l'évolution des métiers à Lyon : 2010 : la Médecine.

Médaille sur  » La Médecine à Lyon », 2010

Première médaille du Triptyque sur : L’évolution des métiers à Lyon : “La Médecine”, Edition 2010.

Une nouvelle création, accompagnée d’un livret sur le sujet : texte du Sénateur Maire de Lyon, Gérard Collomb, du Professeur Jean Normand ; de Jean-Pol Donné, Président du Cercle Lyonnais de Numismatique. Ce projet a été soutenu par Eiffage Construction Rhône.

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La médecine à Lyon
Gérard COLLOMB, Sénateur – Maire de Lyon

L’Histoire de notre ville est marquée par la médecine, dans sa pensée, dans son architecture, dans sa tradition et sa modernité.
A travers les siècles, la médecine, portée par des valeurs d’hospitalité, de solidarité et d’humanisme a ainsi façonné Lyon.
Elle a participé à la transformation de son urbanisme par la création de nombreux hôpitaux par les plus grands architectes ainsi qu’à son développement économique et social. De Rabelais aux grands noms de la médecine lyonnaise et aux aventures industrielles et scientifiques, Lyon a ainsi construit son histoire en lien avec l’histoire de la médecine. La double tradition hospitalière et industrielle lyonnaise alliée aujourd’hui au très dynamique secteur de la recherche, avec ses grands laboratoires et ses universités, place aujourd’hui Lyon au cœur des réseaux des grandes métropoles européennes de santé.

Brève histoire de la Médecine à Lyon
Jean NORMAND, Professeur Emérite à l’Université Lyon 1, Conservateur du Musée d’Histoire de la Médecine et de la Pharmacie

Présenter l’histoire de l’école médicale lyonnaise et de ses hôpitaux en quelques pages conduit à se limiter aux grandes lignes de force de la pensée médicale à Lyon passée au fil des siècles de la charité et de l’assistance à un hôpital technique centre de soins.

Cette évolution s’inscrit dans la tradition des œuvres d’assistance dans la ville liées à cet esprit de solidarité sociale et à ses réalisations pratiques pour secourir les malades et les plus pauvres. Le deuxième facteur est les liens constants entre la bourgeoisie lyonnaise les hôpitaux de la ville et leurs médecins . Les hôpitaux sont gérés par le Consulat depuis le 14ème siècle puis par les Consuls-Echevins et à partir du 16ème siècle par les Administrateurs – Recteurs issus de la riche bourgeoisie lyonnaise. Ceux-ci sont nommés par élection à ces fonctions bénévoles, astreints à des avances de fonds sans intérêts, soumis à des dons proportionnés à leur fortune à la sortie du Rectorat et donnent l’exemple du dévouement envers les hôpitaux. Au début du 19ème siècle, la création des Hospices Civils de Lyon poursuit cet ancrage des bâtiments hospitaliers dans les préoccupations des notables de la ville avec la fonction de Président des Hospices Civils de Lyon pour le Maire de la ville. Le dernier point qui va lier étroitement les hôpitaux et la ville est l’évolution topographique de ceux-là. Disséminés dans la ville, ils vont être supplantés par le développement de l’Hôpital du Pont du Rhône ce dernier édifié au début du 12ème siècle par les Frères Pontifes. Cet hôpital fut acquis par le Consulat au 15ème siècle avec la dénomination d’Hôtel-Dieu qui au 16ème siècle est un hôpital digne de ce nom. Finalement, c’est au 17ème et 18ème siècles, que vont se fixer la topographie et les architectures hospitalières de la ville avec l’heureuse rencontre de Soufflot pour l’Hôtel-Dieu de 1631 à 1761 (dont les plans vont intégrer la longue et belle façade dans le panorama urbain) puis au 19ème siècle jusqu’en 1840 et la construction de la Charité sur les quais du Rhône en aval de l’Hôtel-Dieu de 1633 à 1759 suivie de remaniements architecturaux au 19ème siècle jusqu’à sa démolition en 1934. Au 17ème siècle, l’Hôtel-Dieu « très beau monument à la fièvre » est considéré par l’Académie des Sciences comme « le plus parfait du royaume ». A coté de ce paysage hospitalier sur lequel se constitueront les Hospices Civils de Lyon en 1802, se grefferont en 1933 l’hôpital pavillonnaire Edouard Herriot puis les hôpitaux spécialisés Neurologique en 1962 et Cardiologique en 1970 dans l’Est lyonnais ainsi que l’hôpital Femme – Mère – Enfant.

C’est dans ce réseau hospitalier que l’école médicale lyonnaise va se développer. En ne citant que l’essentiel, rappelons lors de la Renaissance au siècle d’or de l’imprimerie lyonnaise, la première publication par Guillaume Rouillé de la tra duction en français du livre de Botanique de Léonart Fuchs avec ses applications thérapeutiques, la création à Lyon par Bourgelat de la première Ecole Vétérinaire au l8ème siècle, le travail d’hygiéniste de Polinière en 1845 avec son Traité de salubrité des grandes villes suivi de l’hygiène de la ville de Lyon anticipant l’ère pastoriennne, au milieu du 19ème siècle la parution des grands textes fondateurs de la médecine et de la chirurgie modernes avec Claude Bernard et l’Introduction à la Médecine expérimentale en 1865 et Léopold Ollier avec le Traité expérimental et clinique de la régénération des os et la production artificielle du tissu osseux en 1867, la création d’un service pionnier de Radiologie par Destot à Lyon avec les premières radiographies en février 1896 deux mois seulement après la communication de Roentgen en décembre 1895, enfin le Prix Nobel d’Alexis Carrel élève de Jaboulay en 1912.

Il faut s’attarder sur l’apport à la pensée médicale de Claude Bernard et de Léopold Ollier. Claude Bernard (1813-1878) né à Saint Julien reste attaché à son Beaujolais natal dans sa carrière qui le conduira de l’apprentissage dans une pharmacie à Lyon au Collège de France. A coté de ses travaux sur la fonction glycogénique du foie, les nerfs vaso-moteurs, l’intoxication à l’oxyde de carbone, soulignons la notion neuve du milieu intérieur qui soustrait le vivant de ce qui l’entoure et produit son propre monde, créant ainsi les conditions de son existence. Son concept de médecine expérimentale réunit la physiologie fondamentale, la pathologie et la thérapeutique ouvrant la voie royale de la physiopathologie et de la thérapeutique par les preuves.

Quant à Léopold Ollier (1830-1900), Chirurgien-Major de l’Hôtel-Dieu en 1860, privilégiant clinique, anesthésie et asepsie, il est le créateur de la chirurgie orthopédique conservatrice. Surtout il crée la chirurgie expérimentale avec une expérimentation sur l’animal précédant le geste opératoire. Il démontre le rôle du périoste dans la reconstruction osseuse. Son Traité des résections en 3 volumes résume la chirurgie osseuse conservatrice et ouvre la voie à la chirurgie moderne.

Reste l’enseignement médical. Si la création d’une Faculté de Médecine et de Pharmacie est tardive en 1877 sur le socle d’une Ecole préparatoire existante, soulignons l’ancienneté au 16ème siècle avec Symphorien Champier de la formation médicale dans les hôpitaux lyonnais. Cette Faculté de Médecine va bénéficier du don généreux de la Fondation Rockefeller en 1917 permettant la construction du domaine Rockefeller terminée en 1930 à coté de l’Hôpital Edouard Herriot créant ainsi avant la lettre le premier centre hospitalo-universitaire de France.

Que dire en synthèse de cette école médicale lyonnaise ? Elle allie traditionalisme avec une médecine clinique et anatomo-clinique, le souci de l’homme et l’impératif d’une médecine par les preuves appuyée sur la recherche et les essais cliniques. Elle a montré son ouverture d’esprit en passant des hôpitaux-hospices traditionnels aux hôpitaux pavillonnaires, aux hôpitaux spécialisés à un organe voire à une fonction telle la reproduction tout en restant attachée à la conservation d’un riche patrimoine.

Il est difficile de parler de la place lyonnaise dans les différentes spécialités médicales ou chirurgicales. Evoquons seulement la place du grand cardiologue lyonnais, Louis Galavardin (1875-1957)*, au début du 20ème siècle, en relation avec tous les grands cardiologues étrangers, à une époque où seuls Lyon et Paris possédaient cette spécialité.

Homme de grande culture, amateur d’art : des faïences persannes, aux médailles du Quatrocento , Président de la Société Française de Cardiologie en 1946, fondateur de l’école Cardiologique Française, avec son élève Roger Froment.

Signalons in fine, La forte implantation industrielle ancienne lyonnaise dans la Santé, telles les usines Rhône-Poulenc et les Laboratoires Mérieux, la place des laboratoires de recherches (INSERM – Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, CNRS – Centre National de la Recherche Scientifique) et des laboratoires pilotes internationaux de référence tel le Laboratoire « P4 » en Virologie et Bactériologie, installés à Lyon, preuves d’un positionnement volontairement tourné vers l’avenir et sur la maîtrise des nouvelles technologies médicales.

Nous souhaitons que cette médaille s’intègre dans cette belle pensée associant l’homme, le passé et le travail du présent.

Les médailles médicales lyonnaises XIXe-XXe siècles
Jean-Pol Donné,, Président du Cercle Lyonnais de numismatique.

La Médecine occupe une place particulière dans la Numismatique lyonnaise. Plus de cent médailles frappées aux XIXe et XXe siècles offrent une galerie de portraits* de médecins, dentistes ou vétérinaires dont beaucoup ont largement contribué à la renommée de l’Ecole médicale lyonnaise.

Si l’on excepte les nombreux jetons distribués par les Hospices civils, le Dispensaire général ou ceux, moins courants de la Société de Médecine de Lyon ou de la Société de Pharmacie de Lyon, et les médailles récompensant les étudiants de l’Ecole vétérinaire (à l’effigie de Bourgelat) ou de l’Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie (à l’effigie de Bichat), les années 1800 n’apportent que peu d’éléments à notre série médicale. Cependant, les conditions d’émission des trois médailles de cette période méritent l’attention. La première, datée de 1835, se présente comme un témoignage de gratitude des patients du Docteur Des Guidi qui a introduit l’homéopathie à Lyon. Les Laboratoires Boiron ont d’ailleurs récemment réédité et distribué cette médaille. Une trentaine d’années plus tard, une médaille à l’effigie du Docteur J.-F. Gensoul dont le revers rappelait la carrière fut proposée en souscription au profit de l’Hospice de Vieillards de la Guillotière dont il fut administrateur. Enfin, au lendemain de sa mort, Claude Bernard fut honoré par une médaille commandée par la Direction des Beaux-Arts et gravée par Alfred Borrel. C’est aussi à Borrel qu’on doit une plaquette présentant un buste légèrement différent et avec les insignes de commandeur de la Légion d’Honneur et dont le revers rappelle plus complètement les titres et distinctions de l’auteur de l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale. Cette plaquette, éditée en 1913 et frappée en aluminium fut alors très largement répandue, au point d’être aujourd’hui plus courante que celle de Pasteur frappée à la même époque.

L’ouverture de la Faculté de Médecine en 1877 et la création de chaires de professeur dans diverses spécialités favorisèrent l’abondante production de médailles médicales à partir de 1900. Cette année là, les amis et les élèves de Raphaël Lépine lui offrirent une plaquette gravée par Oscar Roty dont la Semeuse ornait alors les pièces de 2 F., 1 F. et 50 centimes. Tout naturellement, en 1902, Louis Lortet fut, à son tour, ainsi honoré à l’occasion du 25ème anniversaire de son décanat. Dès lors, cette forme de témoignage d’affection et de reconnaissance devint traditionnelle lors d’un anniversaire marquant, du départ en retraite ou de l’inauguration d’une stèle. Seuls quelques refus, de plus en plus nombreux à la fin du XXe siècle, expliquent les « trous » de cette galerie de portraits des personnalités marquantes de l’Ecole médicale lyonnaise du XXe siècle.

Outre leur intérêt iconographique, ces médailles permettent de suivre l’évolution du format, du style de gravure et, surtout des mentalités à travers la composition de l’avers et du revers. Alors qu’au début les plaquettes rectangulaires dominent, la médaille ronde s’impose à partir de 1930 avec souvent des modules dépassant 70 mm qui les transforment en presse-papier. C’est seulement vers 1970 que le diamètre le plus courant s’établit autour de 60 mm. C’est aussi vers 1930 que les médailleurs délaissent la gravure au relief très ténu allié à une grande netteté des détails, poussée à la perfection par Oscar Roty. L’influence du courant Art Déco conduit ainsi Jean Chorel ou Claudius Linossier à modeler des portraits où dominent les grandes masses au relief accentué. Cependant, à partir des années soixante, Paul Penin s’impose avec des médailles au relief plus faible tout en conservant l’impression de profondeur grâce au jeu de la lumière. Pour les effigies, le buste légèrement de trois-quarts avec la tête de profil se réduit peu à peu à la seule tête de profil qui occupe la totalité du champ d’où disparaît même la légende. Les revers des premières médailles offertes aux médecins présentaient le plus souvent une scène liée à leurs recherches, à leur pratique hospitalière ou une allégorie évoquant leur spécialité avec, parfois, à l’arrière plan, une vue des bâtiments où ils exerçaient. Peu à peu, les allégories disparaissent au profit de symboles plus explicites. De même, progressivement, la sobriété l’emporte et, souvent, le revers ne comporte plus qu’une inscription rappelant de plus en plus brièvement les titres et la carrière du médecin honoré.
Ce survol serait incomplet sans, au moins, l’évocation de certaines médailles qui se rattachent à la vie médicale lyonnaise. La médaille de l’Internat des Hôpitaux de Lyon, créée en 1927 et modelée en 1930 par Henri Herbemont, fut régulièrement attribuée aux nouveaux Internes et, rétroactivement, à leurs ainés. De dimension imposante (106 mm), elle porte le nom et l’année de promotion de son titulaire et figure souvent en bonne place sur le bureau de nombreux praticiens. Quelques années plus tard, cet exemple fut suivi par les Internes en Pharmacie. Divers anniversaires furent aussi inscrits dans le bronze comme le centenaire de la Faculté Médecine et de Pharmacie, le cinquantenaire de l’Hôpital Edouard Herriot ou, plus récemment (2002), le bicentenaire des Hospices civils de Lyon. De même, l’Ecole du Service de Santé militaire n’a pas manqué de célébrer ainsi les cinquante et les cent ans de son installation. Enfin, des médailles frappées au lendemain de la Guerre de 1914-1918 témoignent de l’existence éphémère de nombreux hôpitaux militaires accueillis à Lyon.

Alors qu’on assiste, dans le monde médical, à une certaine désaffection pour les médailles d’hommage, il est paradoxal, mais aussi réconfortant, de voir l’importance de la Médecine à Lyon mise en valeur à travers cette plaquette créée par Nicolas Salagnac grâce au mécénat du Groupe EIFFAGE Construction Rhône dont l’intérêt pour le patrimoine lyonnais ne se dément pas.

La plupart des médailles médicales lyonnaises sont conservées et présentées par :
– Le Musée d’Histoire de la Médecine et de la Pharmacie – 8, Avenue Rockefeller, LYON 8ème.
– Le Musée des Hospices civils de Lyon – Hôtel-Dieu – 1, Place de l’Hôpital, LYON 2ème.

Par ailleurs, beaucoup figurent dans les riches collections du médaillier du Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Graveur médailleur, au XXIème siécle.
Nicolas Salagnac créateur de la médaille

Installé à Lyon où fut frappée, il y a plus de cinq cents ans, la première médaille française, je me bats pour perpétuer un savoir-faire menacé et maintenir un lien entre les graveurs pour relier hier à aujourd’hui.

Indépendant en 2003 et avec la ferme volonté de faire du haut de gamme dans mon métier, je persévère sur le chemin de la qualité et conquiers ainsi des marchés de plus en plus prestigieux : ma première commande officielle est pour la ville de Lyon (éditeur la Monnaie de Paris). Puis la nouvelle médaille d’honneur pour la Villa Médicis à Rome (éditeur Arthus-Bertrand) à la demande de son directeur Frédéric Mitterrand et, surtout, la médaille pour le Président de la République française (éditeur Arthus-Bertrand).

De belles références dont je suis fier.

Merci au Groupe Eiffage Construction Rhône pour sa confiance renouvelée qui m’a permis de m’exprimer sur divers aspects de ce patrimoine qui me tient tant à cœur. Il a ainsi contribué à faire connaître mon travail.

Aujourd’hui, il est difficile d’exister et de perdurer dans cette voie de graveur médailleur, et ne pas être absorbé par la rentabilité moderne. C’est pourquoi, il m’est indispensable de garder des valeurs, d’apporter du sens, du métier, et du savoir-faire à mes réalisations.

…La main de l’homme règne encore en maître sur la matière. Elle seule sait faire battre son cœur. Et le geste habile et précis donne ici la vie comme pour prolonger une âme, un esprit, une vision, une sensibilité, un mouvement que le poids du métal massif renvoie avec autant de force que de légèreté, dans le symbole comme dans la valeur artistique...” extrait d’un article de Frédéric Guignard-Perret.