Nicolas Salagnac

Nicolas Salagnac crée la nouvelle médaille du Sénat

Dimanche 17 Septembre 2017 – Article de Philippe Bétry – Le Progrès – Jura

Meilleur Ouvrier de France 2000 en gravure sur acier, le graveur médailleur Nicolas Salagnac, professeur au lycée Fillod à Saint-Amour, a remporté le concours pour la création de la médaille qui sera remise à chaque sénateur de la prochaine législature, à l’automne prochain.

Nicolas Salagnac a réalisé la future médaille des sénateurs.

Né à Rouen en novembre 1969 dans une famille où l’art du geste et l’intelligence de la main prévalent, Nicolas Salagnac entre à 15 ans à l’Ecole Boulle à Paris dans l’intention de devenir ébéniste, comme. son grand-père. Mais c’est l’atelier de gravure sur acier qui l’accueille. « Je rencontre alors mon maître, et professeur, Pierre Mignot. D’emblée, il éveille ma curiosité et pose les prémices d’une véritable vocation. » En cinq années, Nicolas Salagnac reçoit les bases et les outils du métier. Il s’essaye aussi à la photo mais en 1994 il part pour un remplacement de graveur de médailles à Lyon. Le hasard l’a mené dans la ville où fut créée voici 500 ans la première médaille française, célébrant le passage dans la cité de Louis XII et Anne de Bretagne (1499).

« Un artisan qui part sans transmettre part en voleur »
Il s’installe à Lyon où vit une véritable culture de la médaille, avec le souci de faire perdurer « un savoir-faire qui emprunte au passé des valeurs oubliées. » Son atelier est à Villeurbanne. Les créations sont nombreuses : Médaille officielle de la ville de Lyon, Médaille officielle de la Présidence de la République, Médaille de la gendarmerie royale du Maroc, de la Villa Médicis à Rome, des 500 ans de Martin Luther etc. Mais s’il accroche les distinctions (ordre du Mérite, Palmes académiques. Meilleur ouvrier de France, grand prix national SEMA etc.) il a aussi la volonté de transmettre. Un tic ses maîtres lui avait dit « un artisan qui part sans transmettre part en voleur. ». C’est ainsi que depuis 2004 il est professeur d’atelier au lycée Fillod de Saint-Amour où, chaque année, il forme six élèves pour le CAP de gravure en modelé. « J’essaye de redonner ce que j’ai reçu. C’est motivant, oblige à se remettre en question. » Et inciter des jeunes à entrer dans une voie pas forcément choisie, mal connue… et parfois faire de belles choses.

Nicolas Salagnac, membre des Grands ateliers de France, vient de déposer au ministère de la Culture un dossier de candidature au titre de maître d’art. Ce qu’au Japon on nomme un trésor national vivant.
Philippe Bétry

La médaille sera frappée par Arthus-Bertrand.

Sculptures et matrices de Nicolas Salagnac

Le concours pour la réalisation de la nouvelle médaille du Sénat a été lancé en janvier. Hormis la dimension, 50 mm, le cahier des charges pour l’illustration ne comportait guère d’indications : quartier libre aux créateurs qui ne devaient proposer qu’un seul projet. Nicolas Salagnac s’est inspiré de la médaille du président du Sénat qu’il avait réalisée en 2013 : à l’avers la salle de délibérations du Palais du Luxembourg, au revers, une Marianne très dynamique pouvant rappeler « la Liberté guidant le peuple », avec la devise de la République et les drapeaux français et européens.
Son travail, finalisé fin mai, a consisté à faire un dessin de la médaille, ensuite des sculptures en bas-relief en plâtre en augmentation de trois fois (150 mm) enfin à travailler sur les matrices en acier à la dimension finale. Un exercice rigoureux de grande précision.
La frappe de la médaille sera effectuée par Arthus-Bertrand.

Le Progrès : lien.