Nicolas Salagnac

Médaille Lyon Patrimoine Mondial classé à l’Unesco, 2005

Médaille Lyon Patrimoine Mondial classé à l’Unesco, 2005

Médaille Lyon Patrimoine Mondial classé à l’Unesco, 2005

Médaille sur le thème de la ville de Lyon 2/3. Lyon, classée au Patrimoine Mondial par l’Unesco. Éditions Scriptoria

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Cette création a germé autour du fait que la ville de Lyon est classée au Patrimoine Mondial par l’UNESCO. Un des critères majeurs à cela est que l’urbanisation de la ville s’est faite autour des bâtiments anciens. Ainsi, nous avons sous nos fenêtres plus de 2000 ans d’architecture.

L’éditeur et moi-même avons souhaité, pour la création de ces médailles sur la ville de Lyon, accompagner celles-ci par un livret réunissant des textes qui expriment le fond et le sens de ces créations.
Ainsi le livret, “Lyon Patrimoine Mondial, 2000 ans d’architecture” réunit des textes de Messieurs :
Jean-Pierre BOYER, Secrétaire Général de la Commission française pour l’UNESCO.
Denis EYRAUD, Ingénieur ECP – Architecte DPLG – Ancien Président de la Renaissance du Vieux Lyon – Président de l’Union des Comités d’Intérêts Locaux du Grand Lyon “Lyon Patrimoine Mondial”
François GAUTHIER, Editeur des Éditions Scriptoria
Jean-Pol DONNE, Président du Cercle Lyonnais de Numismatique.
François PLANET, Conservateur du Médaillier du Musée des Beaux Arts de Lyon
Nicolas SALAGNAC, Artiste graveur médailleur, MOF “Graveur Médailleur aujourd’hui à Lyon”

“…Le métier de la gravure est l’un des plus anciens ; la vocation de ce métier est de marquer en profondeur. Pourtant, cet art est peu à peu oublié. Ainsi Nicolas Salagnac, rappelle-t-il ici même la fragilité de ce métier, du savoir-faire qu’il implique, des outils qu’il nécessite et de la transmission qui seule peut lui promettre la pérennité.

La Médaille de Lyon Patrimoine Mondial vise à célébrer une reconnaissance et confère une actualité à l’inscription. Le classement est un engagement, pas une fin en soi. Gageons que la circulation de cette médaille éveille les consciences à la nécessité de transmettre aux générations le goût du patrimoine. La présente édition de cette médaille vient rappeler à la fois le passé de la Cité et la nécessaire valorisation du patrimoine matériel et immatériel aujourd’hui.”

Extrait d’un texte écrit fin 2004 par Jean-Pierre BOYER, Secrétaire Général de la Commission française pour l’UNESCO

Ce travail a été primé comme premier grand prix national de la SEMA (Société d’encouragement aux Métiers d’Art) en Métiers de Tradition le 6 avril 2006. Prix remis par le Ministre Renaud Dutreil et comme premier grand prix du Travail Manuel du Rotary Club de Lyon, en novembre 2005. Lien vers l’article Remise du Grand Prix Métiers d’Art de la Sema, métiers de tradition – Nicolas Salagnac – 2005.

Aujourd’hui, il existe trois grandes pistes pour réaliser une médaille estampée.
La traditionnelle : la taille directe. Cette technique a du charme mais elle est longue et fastidieuse.
La classique : sculpture d’un bas-relief pour le réduire, avec l’aide de machines (tour à réduire, pantographe et autres).
La moderne : concevoir et réaliser des volumes par des logiciels. C’est de la construction “cartésienne”… pas très souple, mais très utile pour les textes, logos, plans…

Je développe ci-après la naissance d’une médaille, faite de manière “classique”.

Conception – Dessin

Ce projet fait partie d’un triptyque de médailles illustrant des thèmes sur la ville de Lyon. Ces trois médailles n’auraient jamais “vu le jour” sans le soutien de Monsieur Raymond Gallet du groupe Eiffage construction et l’éditeur François Gauthier des Editions Scriptoria.

Il n’y a que cinq villes au monde qui sont classées au Patrimoine Mondial. Il fallait souligner cette particularité mondiale, et pourquoi pas avec une médaille…
La naissance d’une médaille passe par plusieurs étapes importantes : la création par le dessin, la gravure en bas-relief sur une matrice en acier (pièce unique) et l’édition des médailles.

Dans un premier temps, j’ai réalisé un reportage photographique des différents points de vue de Lyon après avoir déterminé ceux-ci en fonction de leur importance historique, symbolique, chronologique… Il s’agissait de représenter la période Romaine, le Moyen-Age, la Renaissance jusqu’à nos jours.
Le choix de représenter des bâtiments hors du “périmètre inscrit par l’Unesco”, souligne la continuité de l’extension de Lyon : les Gratte-Ciel de Villeurbanne, la Halle Tony Garnier, la Villa des frères Lumière…. Dix-sept points ont été sélectionnés et dessinés à la main puis scannés et retravaillés sur des logiciels appropriés afin de marier ceux-ci jusqu’à obtenir la maquette finale.

La sculpture

Suite à la maquette dessinée, la première étape vers la concrétisation de ce projet passe par le modelage du dessin à l’échelle trois.
Je travaille avec de la plastiline dans un premier temps afin d’asseoir les grandes masses. Puis, d’empreintes en contre-empreintes en plâtre, on finit par obtenir le motif souhaité. Le modelé final est moulé avec une résine afin de servir de gabarit pour reproduire par réduction, ses formes sur un bloc d’acier, à l’envers et en creux, avec un pantographe.

La gravure d’une matrice en acier

La deuxième étape est la gravure de la matrice en acier d’après cette sculpture. Pour cela, elle est préparée avec un embrèvement de 2,5 mm de profondeur avec une cote de 90 mm au carré en haut de dépouille.

Ainsi préparé, le bloc d’acier est positionné sur le pantographe à gauche et l’empreinte en résine de la sculpture est elle fixée à droite. Il reste à faire les réglages appropriés et l’usinage peut commencer. L’ébauche se fait avec un palpeur assez gros et un outil d’usinage en proportion. La main droite du graveur tient le palpeur et le dirige sur l’ensemble de la surface de la sculpture. Ainsi, l’outil de coupe suit et grave l’acier par enlèvement de matière pour reproduire par réduction la sculpture.

Cette opération sera répétée plusieurs fois tout en diminuant la taille des outils afin de terminer avec de toutes petites fraises pour venir “chercher les détails”.

Pour finir, toutes les traces du passage de la machine sur la matrice sont ensuite supprimées. C’est la finition main.

Edition des médailles par frappe

Dernière étape, la matrice en acier est “trempée” (traitements thermiques) pour une parfaite résistance à la frappe.

Sur cette matrice, positionnée sur une presse dite “balancier à friction”, on place un flan de bronze vierge. Le marteau de la presse est actionné et entraîné avec une force de 400 Tonnes contre la pièce de bronze. Celle-ci prend la forme de la gravure.
Pour obtenir une médaille, il faut frapper plusieurs fois, avec un passage intermédiaire au four pour recuire le métal afin de pouvoir refrapper celui-ci, jusqu’à obtenir le motif complet.

Une fois “montée”, chaque médaille est travaillée par émerisage pour faire des tranches lisses et propres. Pour finir, elle est patinée, polie et traitée.
Cette étape nous a demandé des recherches et des mises au point, car aujourd’hui, il reste principalement les “patines industrielles” (sablage, oxydation, brossage et vernis) qui détruisent les subtilités et les états de surfaces variés de la gravure.

Le tirage de tête de 116 exemplaires (épuisé à ce jour) a reçu toute notre attention. Nous avons fait une patine dorée. Chaque médaille a été polie, notamment sur le confluent (sachant que la matrice était préparée pour cela). Pour finir, elles ont été cirées, numérotées puis emballées dans un coffret avec le livret.
Le tirage illimité de la médaille patinée vieux bronze, d’après la même matrice, est destiné à la vente publique.

Ce procédé d’édition par frappe est à ce jour le principe le plus précis pour mettre à jour la qualité d’une gravure et donc une belle médaille.

C’est ainsi que depuis des siècles, l’Artiste Graveur Médailleur conçoit et réalise des “preuves parlantes” pour prendre part au patrimoine des hommes.

Créée et gravée entre novembre 2004 et janvier 2005, ce travail représente environ 200 heures de travail.

 

Merci au groupe Eiffage construction, commanditaire.